La vie d'une rédaction au jour le jour.

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Re: La vie d'une rédaction au jour le jour.

Message  La Rédaction le Dim 31 Jan - 11:49

Depuis quelques jours la vieille Mariette passe et repasse devant les locaux en quête de rumeurs ou mieux de ragots mais rien ne filtre, même si, de toute évidence, il y a de l'activité à l'intérieur.

Il faut dire que les jours derniers ont été riches en visites de toutes sortes, militaires draenei en armures lourdes, citoyens propres sur eux, Archimage en tenue d'apparat, robot effronté, gnome aux cheveux verts, vieille Kaldorei aigrie... toutes sortes de témoins ont répondu à l'appel de la journaliste et il s'agit maintenant de remettre en forme les notes, visionner les gnomographies, écrire les articles et enfin sortir la maquette du Mag'.

Beaucoup de travail en perspective et l'équipe du Mag' ne va certainement pas chômer les jours prochains.. mais à l'abri des regards.



Merci:
Un grand MERCI à tous ceux qui ont accepté de jouer le jeu des témoignages. Il y aurait de quoi écrire plusieurs Mag' tant les histoires et idées proposées sont intéressantes ! Maintenant c'est à moi de "travailler" et le Mag' ne sortira probablement pas avant la fin de Février.  Je rappelle à ceux qui  m'ont "promis" des textes (du Salon) ou des images (de leurs aventures) qu'ils peuvent le faire ici ou sur le forum du Mag.
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Re: La vie d'une rédaction au jour le jour.

Message  La Rédaction le Mar 12 Jan - 14:00

Depuis quelques jours, les locaux d’Azeroth Mag’ sont de nouveau bruissants d’activité. Bruits familiers pour les voisins, de portes ouvertes et fermées, allées et venues, pétarades de bécane ou hennissements de chevaux, mais aussi beaucoup de rires et de chahuts amoureux entre un homme et  une femme qui ne se cachent même pas, aux dires de Mariette Elmore qui s’en est plainte à ses voisins.

Heythe semble effectivement avoir changé, aux dires de la femme de Grimand Elmore qui n’a pas son pareil pour alimenter des ragots de toutes sortes. Plus mature  ? “Mais non, c’est pire !” rétorque la naine à qui veut l’entendre. “La v’là qui s’habille comme une catin et qui s’affiche avec un rouquin tout aussi déluré qu’elle !”.

De fait, Heythe est revenue de Draenor aux bras d’un journaliste dont elle semble fort amoureuse, libre et rayonnante, pleine d’entrain et de rires. La vieille a entendu dire que l’homme était lui aussi journaliste et qu’il allait travailler avec elle. A dire vrai, les voisins restent indifférents à ces rumeurs, le couple n’ayant de fait pas encore défrayé la chronique ou commis le moindre méfait notable contre la morale bourgeoise. Comme le dit la femme du marchand d’armes “Cette vieille bique est jalouse !”. D’autant que l’activité du journal amène des clients dans la rue et que “du moment que ça fait marcher l’commerce, on va pas s’plaindre “”.

Il paraîtrait que l’homme est gnomographe de terrain et qu’il va organiser, via le magazine, un grand concours de gnomos avec de beaux lots à la clé qui seront offerts lors d’une soirée dans les locaux. “V’là une belle idée !” a renchérit un autre marchand, “Ca va p’têt nous am’ner du beau monde par ici !”.
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Re: La vie d'une rédaction au jour le jour.

Message  La Rédaction le Sam 15 Nov - 8:13

Le soleil de midi écrasait la scène apocalyptique, comme si toute cette folie était irréelle, ce que démentait l’odeur pestilentielle des chairs brûlées et  même le fond sonore de plaintes et de gémissements. Heythe errait entre les civières, le cœur gros, incapable de prendre les gnomos qu’elle comptait pourtant prendre pour ses archives, voire même une édition spéciale.

Tant de blessés irrécupérables, voire déjà morts, gisant devant les tentes de la Tête de Pont tant il y en avait. Tant d’hommes et de femmes laissés là bas, près de la Porte, déchiquetés, entassés, à peine reconnaissables, humains ou nains, orcs ou trolls, tant la chair des cadavres se mêlait à la terre et au sang de ceux qui s’étaient battus dans la nuit.

Comment rendre compte d’une telle horreur sans tomber dans le défaitisme…


*
*    *



Tout avait démarré au crépuscule. Depuis des heures les préparatifs occupaient en silence tout ce qu’Azeroth comptait de volontaires prêts à en découdre. C’était une sorte d’agitation étrangement calme,  l’excitation était à fleur de peau de chacun et de tous, une excitation sérieuse, intense, dense, faite d’inquiétude et  d’exaltation. Un sentiment que Heythe connaissait, et qui l’attirait.

Aussi avait-elle hésité, lorsque l’assaut avait été lancé.  Les longs chants des cors de guerre, puis la clameur des assaillants se lançant au contact de la Horde de Fer, plus loin vers la Porte, les hurlements de rage et douleur mêlés, les voix tonitruantes aux accents si divers, les cris stridents des bêtes de monte qui sillonnaient le ciel, tout cela lui avait noué le ventre, d’excitation, de peur et de rage contre elle même.

Sa place était au milieu des combattants, déjà comme paladin, mais aussi comme reporter de guerre, avec l’idée de suivre le flot des combattants pendant la traversée de la Porte, afin de rendre compte de cet événement incroyable de combattants de la Horde et de l’Alliance au coude à coude face à cet ennemi commun.

Mais le médecin-prêtre l’en avait dissuadée, usant de toute sa patience et sa douceur, et elle s’était laissée convaincre.

- Morte vous ne pouvez rendre compte de rien, Demoiselle Nografe. Vous n’êtes pas aussi aguerrie que ces combattants entrainés depuis des mois, voire des années. Votre volonté de participer est louable, mais probablement inutile. N’est pas un Héros de guerre qui veut. Et je doute même que cela soit votre objectif.

Elle avait sourit tristement, hochant la tête avec lassitude. Elle n’était ni une championne ni une héroïne et les mots du médecin résonnaient curieusement en elle, comme lorsque Derek Dempsey l’avait empêchée de sortir de Theramore alors qu’elle voulait infiltrer les lignes ennemies pour faire son travail, lors de la Guerre des Tarides.

Elle avait pourtant avancé derrière les derniers combattants partis à l’assaut derrière leurs officiers, les avait observés se ranger derrière leurs bannières puis courir vers la Porte en hurlant, avait même sorti son épée et mis son bouclier devant elle, tâchant de se motiver pour courir derrière eux, puis elle s’était sentie folle, inconsciente, et s’était arrêtée, étonnée et horrifiée de se penser lâche.

Ecoeurée par elle-même elle était revenue vers le campement et avait retrouvé le médecin qui déjà commençait à organiser les unités de soins en vue du retour des premiers blessés qui certainement, du moins l’espérait-il, n’allait pas tarder.

La voyant revenir il n’avait rien dit, rien montré mais la joie de la voir entière, saine et sauve, se lisait sur son visage avec ce fameux petit sourire qui ne le quittait plus. Heythe s’était assise lourdement sur une civière et s’était mise à pleurer, honteuse.

- Je suis lâche… jamais je n’aurais pensé que je n’aurais pas le cran de les suivre... Je me sens … moche, tout au fond de moi… vraiment moche.

Le visage dans ses mains elle pleurait en silence et n’avait pas vu, ni senti, le médecin venir s’asseoir près d’elle et la prendre dans ses bras, en douceur.

- Non. Vous n’êtes pas lâche. Encore une fois, morte vous ne pourriez pas raconter ce que vous avez vu, senti et ce que vous verrez et ressentirez tout à l’heure, lorsqu’ils vont commencer à revenir pour se faire soigner. Vous n’auriez pas plus pu raconter ce qui va se passer derrière cette Porte, si tant est qu’ils réussissent à la passer.

Elle n’avait rien dit, se laissant bercer par ses mots,  incapable de les entendre pour ce qu’ils étaient,  des paroles sages et raisonnables. Puis elle s’était endormie, probablement emportée par la fatigue et la honte qui l’étreignait encore.

Ce sont les clameurs au loin qui la réveillèrent un peu plus tard. Les forces unies d’Azeroth, Horde et Alliance, avaient réussi à passer par la Porte, du moins quelques uns des combattants les plus chanceux, ceux qui ne revenaient pas vers le campement en loques et en sang, ceux qu’il ne faudrait pas enterrer dans des fosses communes sans même savoir qui ils étaient ni d’où ils venaient.

Ceux qui revenaient parlaient d’un flux d’orcs qui avait décru, puis de l’Archimage Khadgar qui avait profité de cette décrue pour passer en force avec ceux des combattants qui le pouvaient encore, puis de la Porte qui s’était comme refermée, engloutissant hommes, montures et bannières.

Tout s’était alors précipité, les prières rapides aux morts que l’on entassait derrière les tentes, les recouvrant de potions diverses censées éloigner les mouches, de plus en plus nombreuses,  qui virevoltaient en bourdonnant de plus en plus fort,  les soins à donner à des blessés à caser sur des civières insuffisantes, ceux qui revenaient dépités de n’avoir pas eu le droit de suivre Khadgar,  les émissaires des différentes factions qui parlaient de messages à faire passer d’urgence, ceux qui, une fois soignés, voulaient repartir pour essayer de franchir cette fameuse Porte que l’on disait pourtant fermée.

Le monde semblait avoir basculé dans la folie et il avait fallu faire face, ne pas s’appesantir sur soi-même, être efficace, utile, sans se poser de questions, toute la nuit durant, jusqu’à l’épuisement. Et c’est ce qu’elle avait fait, oeuvrant aux côtés des médecins et des infirmiers, empressée, attentive, soucieuse de bien faire, jusqu’à tomber de fatigue sur une civière tout juste libérée, au petit matin.




*
*    *



Peut-être ne fallait-il pas vouloir rendre compte de l’horreur de la situation mais de l’espoir que l’on sentait renaître dans les discours de ceux qui revenaient encore de la Porte, ayant apparemment essayé, sans succès, de la traverser après le passage de Khadgar.

Le courrier de Dame Ione Densilla, qui lui proposait un partenariat autour d’un conte par numéro de Magazine acheva de la remettre sur pied. Après tout, le médecin avait raison. Morte ou blessée de l’autre côté de cette Porte, qui sait si elle aurait même reçu son courrier…



Chère amie des Belles Lettres,

Votre petit mot m'a beaucoup touchée, surtout là où je l'ai reçu, c'est à dire au milieu de tous ces mourants dont le nombre ne cesse de croître.

Je suis ravie d'avoir pu en effet parler de votre travail tandis que l'actualité s'assombrissait d'heure en heure, j'espère que les lecteurs en ville auront apprécié de pouvoir suivre de loin ce qui se passe ici.

Votre idée d'offrir aux lecteurs du Magazine un petit conte de votre choix me semble excellente. Je ne sais encore si un numéro sortira prochainement. Il était prévu une  édition mensuelle, puis trimestrielle, j'en suis à me demander si une édition bi-mensuelle ne serait pas la meilleure solution.

Tout va dépendre de mes capacités à suivre l'actualité en marche et d'en extraire rapidement l'essentiel.  

Quoi qu'il en soit, même si je vous ferais signe bien avant, vous pouvez d'ores et déjà commencer à préparer le prochain conte que vous souhaiteriez publier, voire même les illustrations qui pourraient l'accompagner.

Dans l'attente et avec le plaisir de cette collaboration naissante que j'espère fructueuse,
Bien cordialement,

Heythe Nografe
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Re: La vie d'une rédaction au jour le jour.

Message  La Rédaction le Sam 15 Nov - 8:13

Le 7 du 11ème mois.

Azeroth Magazine est sorti des Presses de Hurlevent dans l'après-midi du 7, début du Onzième mois de l'année 34 du calendrier Hurleventois.

Nealson Nografe, l'oncle de Heythe resté sur la Capitale, s'est chargé pour elle de suivre le travail des imprimeurs, Heythe étant restée pour sa part dans le campement des Terres Foudroyées, quelque part entre l'infirmerie, une tente un peu à l'écart qu'elle partage avec d'autres femmes et la zone de combat néanmoins très proche.

C'est avec une joie toute relative qu'au petit matin elle reçoit, tout comme l'ensemble des civils et soldats du front, la pile de magazines tout juste débarqués du navire arrivé de Brasse Tourbe dans la nuit.

Comme à son habitude la jeune femme relit l'ensemble des pages à la recherche d'une éventuelle coquille, d'une erreur oubliée ou d'un défaut d'impression. Rassurée par la qualité typographique du magazine, elle se décide enfin à en ramener un au médecin-prêtre qu'elle abreuve de rage depuis des jours.

- "Au moins n'ai-je pas totalement perdu mon temps", lui dit-elle en substance tandis qu'il lui sert un thé avec ce petit sourire amusé qui ne le quitte plus.

- "Si vous n'êtes pas repartie sur Hurlevent alors que vous auriez dû superviser cette impression, peut-être alors puis-je espérer vous côtoyer encore quelques temps ici ?" lui demande-t-il de façon anodine, sans se départir de ce sourire qu'elle n'arrive pas totalement à cerner.

Elle le regarde, porte la tasse de thé à ses lèvres, esquisse un sourire un peu désabusé puis d'un mouvement d'épaules rejète en silence la question. Elle ne le sait pas elle même.
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Re: La vie d'une rédaction au jour le jour.

Message  La Rédaction le Sam 15 Nov - 8:12

Fin du 10ème mois.


Pas facile de finaliser un magazine sans pouvoir se replier dans un bureau tranquille, loin du monde, de sa fureur et de ses horreurs.

Recluse dans la pénombre de sa tente depuis des jours, Heythe se remettait difficilement de ses blessures, tant physiques que psychologiques. Le bras ne guérissait pas vraiment, malgré les potions, les onguents et même les appositions de Lumière du médecin-prêtre qui devait supporter ses écarts d’humeur. Et Heythe n’était pas loin de penser qu’aucune blessure physique ne pourrait probablement guérir tant que les blessures de l’âme ne seraient pas résorbées. Sauf qu’elle n’acceptait aucun remède susceptible de les guérir.

Tandis qu’elle corrigerait les dernières épreuves des pages du magazine, elle resongea à son père et ses paroles sur la volonté qui créait le chemin. Il appelait cela le Pas du Vertueux et l’enjoignait à suivre son cœur pour y parvenir. Alors qu’une nouvelle bougie se consumait au fond de la petite coupelle d’argile, elle se demanda si c’était parce qu’elle avait atteint le fond de son âme meurtrie qu’elle ne pouvait plus trouver le chemin pourtant inscrit en elle.

Un dernier regard sur les gnomos qui devaient accompagner les différents articles, quelques ratures sur les noms qui devaient être gommés pour répondre aux exigences de confidentialité auxquelles elle avait accepté de se soumettre, une nouvelle vérification des titres et de la pagination, une ultime relecture de l’ensemble, et elle décida enfin qu’elle en avait fini avec ce premier numéro. Elle allait l’envoyer à l’oncle Nealson sur Hurlevent, et c’est lui qui se chargerait de le faire imprimer et distribuer en ville.

Elle aurait pu le faire elle même, rentrer pour superviser la naissance de « son bébé » mais le cœur n’y était plus. Seul restait le sentiment qu’elle devait le faire. Seul restait le devoir. N’avait-elle pas dit un jour à un homme qu’elle avait aimé qu’elle était une femme de devoir.

Elle sourit en apposant un cachet de cire sur la grosse enveloppe de papier brun. Au fond, elle n’avait pas changé, et il se serait bien moqué d’elle, cet homme. C’est donc avec une pointe de nostalgie qu’elle confia le paquet au messager en partance pour Hurlevent.
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Re: La vie d'une rédaction au jour le jour.

Message  La Rédaction le Ven 24 Oct - 12:34

Un nouveau protecteur.







Alors qu’elle prenait des gnomos du coin des blessés, elle s’était retournée et l’avait interpellé tandis qu’il semblait étudier des traces dans la terre.

- Hey vous, là bas !
Il s’était relevé, l’air moitié goguenard, main sur la hanche, dague quasi dégainée.
- Oui M’dame ?
Il souriait en s’approchant, l’œil malicieux, l’air un peu suffisant de celui qui ne craint pas grand chose sinon de perdre ses dagues.
- Venez m’aider au lieu de jouer à celui qui est là par hasard !

Il avait rit, d’une belle voix grave et rugueuse qu’elle avait n’avait pas su détester, bien au contraire. Immédiatement elle s’était dit qu’elle aurait dû être plus défiante, et qu’elle risquait encore une fois de se faire avoir par son envie que tout se passe au mieux, comme à chaque fois.

Les cheveux poivre et sel coupés en brosse ne lui donnaient pas l’air plus vieux qu’un autre, au contraire, ils ajoutaient à son charme d’homme du Sud. Il avait rengainé sa dague et s’était approché, faisant un signe de main sur un chapeau inexistant, en signe de salut.
- A vos ordres, M’dam ! Qu’est ce qu’j’peux faire pour vous ? Demandez et vous serez servie !
Il se moquait d’elle, ou de sa fonction auprès d’elle. Elle s’en fichait, elle n’allait pas pouvoir faire comme si Ed n‘avait pas été remplacé. Cela risquait de devenir invivable, très rapidement.
- Ne vous moquez pas de moi. Nous faisons tous les deux notre travail, alors autant que cela se passe bien, non ?
- Ouip ! Z’avez raison. … Allez… dites moi tout.

Il la jaugeait, la scrutait, il avait déjà son opinion sur elle ; une opinion élogieuse, en tout cas sur son physique, à en juger par ses regards enveloppants. il savait à qui il avait affaire, à n’en pas douter.
- A vous voir faire ….. Je suppose que vous savez tout sur moi… comme…. Ed.

Prononcer son nom n’avait pas été douloureux mais presque. Comme un écorchement du palais et de la langue, une douleur piquante mais doucereuse. Douleur exquise de la nostalgie.
-C’t’à dire que… J’suis comme tout bon agent. J’travaille mon sujet en détail.

Il souriait toujours et parlait d’elle en roulant légèrement les R de sa voix rocailleuse. Et savoir qu’il avait travaillé « le sujet » en détail lui rappela combien elle était parfois trop confiante, trop transparente, trop vulnérable. Elle hocha la tête. Nul besoin de chercher à lui cacher quoi que ce soit, il devait tout savoir sur tout, ou quasiment. Et y compris qu’elle avait dormi avec Ed  dans une petite chambre exigüe. Elle eut un sursaut de fierté.

- N’allez pas vous imaginer que je vais vous laisser m’approcher… comme je l’ai fait avec lui. J’ai bien compris la leçon.

Il la sondait de son regard bleu ardoise,  il esquissa un sourire amusé.
- Z’inquiétez pas.. j’supporte pas d’être dans l’même lit qu’une femme… passés les moments les plus agréables. J’me débrouille toujours pour repartir avant l’matin. M’aurez jamais dans les pattes … en tout cas dans vot’ lit.

Elle sursauta, comme sous l’effet d’une claque reçue, et le toisa d’un regard sombre, prête à exploser.
- Non seulement je ne veux pas vous avoir dans mes pattes, mais je ne veux pas non plus vous voir à moins de 20 mètres de moi !

Il éclata de rire de nouveau et elle s’en voulut d’aimer autant cette voix qui roulait comme un torrent fou sur des cailloux dans le lit d’une rivière en crue.
- Ca ma p’tite dame… c’est moi qui décide de la distance, désolé de vous décevoir. J’ai mes ordres. C’est pour vot’ protection. Si j’dois dormir en chien d’fusil devant vot’ porte, ou même vot ‘lit,  faudra vous y faire, c’est pas négociable.

La gifle lui échappa, magistrale et sonore.  Et elle s’en trouva bouche bée, la main douloureuse d’avoir frappé si fort. Mais lui n’avait pas cillé, encaissant la gifle comme s’il s’y attendait. Il avait souri, fait le même geste des doigts sur un chapeau imaginaire puis murmuré « j’suis pas loin, en cas d’besoin », avant de retourner se porter à quelques mètres en arrière, comme si rien ne s’était passé.






Il fallut à Heythe plusieurs minutes avant de retrouver la totalité de ses moyens. Minutes qu’elle avait passées à prendre plusieurs gnomos des civils sur le campement, essayant de ne pas montrer à l’agent combien elle était troublée de cette première entrevue.
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Re: La vie d'une rédaction au jour le jour.

Message  La Rédaction le Mer 22 Oct - 6:15

L'actualité n'attend pas.

Le logement lui convenait mais elle s’y ennuyait déjà, il lui tardait de retourner là où les autres se battaient. Pas moyen de dormir paisiblement quand la douleur irradie et que le bruit vous abrutit un peu plus. Car même si le navire sur lequel elle logeait était un beau Kech  de tourisme affrété par les gobelins et amarré un peu loin des quais, il n’en était pas moins ancré au port et elle entendait par les écoutilles ouvertes, la plupart des embarquements et débarquements dont les bruits emplissaient l’air, incessamment, jour et nuit.

Marchandises, armes, hommes, matériel médical, nourriture, une masse incalculable de biens et d’êtres de tous types transitaient par le petit port neutre de Brasse Tourbe et il lui devenait de plus en plus difficile de rester là à ne rien faire.

Elle devait pouvoir se rendre utile,  même avec un bras en écharpe !







Elle était là à ruminer lorsque Ed (toujours pas envie de l’appeler autrement) avait appelé. Dire qu’elle ne s’y attendait pas aurait été faux mais son appel la laissa néanmoins muette un moment. Quelques secondes de trop, certainement, et il avait failli raccrocher. Mais elle avait réussi à accepter sa venue sans être trop distante, du moins l’espérait-elle. Elle ne pouvait pas lui refuser de vérifier par lui même qu’elle n’allait pas si mal.

Pourtant l’entrevue avait tourné court. Elle n’arrivait pas à dépasser sa colère et la tristesse d’avoir été trahie. De plus,  ne pas tenir compte de toutes les différences, visibles, ou invisibles mais perceptibles, entre ce Kaldorei et l’humain qu’elle côtoyait quelques jours avant, était chose impossible.

Par ailleurs lui non plus ne voulait pas, ou peut-être ne savait pas faire un geste vers elle, même pour la soigner, alors qu’il aurait pu. Il était donc reparti à peine 15 ou 20 minutes après être arrivé, sans que ni l’un ni l’autre n’ait réussi à réellement entrer en contact.

Aucun des deux n’avait parlé de se revoir, aucun des deux n’avait même émis le souhait, l’idée d’une possible reprise de leur collaboration. Un fiasco. Ni plus, ni moins.

Une fois Ed reparti, Heythe avait frappé violemment du pied sur le siège dans lequel il était assis, pleurant de rage autant que de tristesse. Ils ne se reverraient pas, c’était quasiment certain, et elle allait devoir affronter un autre agent qui certainement la contacterait sous peu, et avec lequel elle devrait composer. Mais cette fois-ci, plus question de se laisser prendre à son petit jeu. Car il en aurait un, elle le savait d’avance.

Toute cette histoire commençait à l’épuiser. Désabusée, déçue, abattue, dégoûtée, l’idée de tout abandonner la reprenait de nouveau. Elle aurait aimé en finir avec sa gentillesse maladive, ce besoin de toujours vouloir faire au mieux, pour les autres, jusqu’à s’en perdre elle même. Enfin réussir à vivre pour elle et non pour les autres.  Etait-ce si difficile ?

Elle décida d’aller au village pour envoyer quelques lettres et tâcher de retrouver l’élan de vie qui la portait quelques semaines plus tôt en interrogeant des marins ou tenter d’avoir des nouvelles de la Tête de Pont.







Au retour, le temps tournait à l’orage sur la mer et les dockers s’activaient de plus en plus rapidement autour d’un bateau avant d’être tous noyés sous la pluie. Encore un navire bourré à la gueule de ravitaillement qui partirait demain pour la Tête de pont.

En quelques secondes sa décision fut prise. Elle allait y retourner, et prendre ce bateau en partance au petit matin. Bras en écharpe ou pas, cela ne l’empêcherait pas d’interroger les civils du campement, de prendre des notes, voire même de faire quelques gnomos.

Et si le SI :7 s’imaginait qu’elle allait gentiment attendre qu’ils viennent la « protéger » à Brasse Tourbe, ils en seraient pour leurs frais. C’est un peu plus motivée qu’elle s’endormit ce soir là. Peu importaient les douleurs, qu’elles soient physiques ou psychologiques,  l’actualité n’attendait pas. De cela, au moins, elle était sûre.
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Re: La vie d'une rédaction au jour le jour.

Message  La Rédaction le Mar 21 Oct - 8:40

Attaque de meute.

Finalement elle se retrouvait seule, comme elle le craignait depuis qu’elle avait été contactée. Tout ça n’était qu’une illusion. Une manœuvre pour la remettre sur les rails, ni plus, ni moins.

Il avait eu beau parler d’honnêteté, de connexion sincère sous l’apparence humaine illusoire, il lui avait bel et bien menti et c’était un véritable étranger qu’elle avait observé s’expliquer, retrouvant en un instant toute sa lucidité en même temps qu’une profonde tristesse.

Bien sûr, tout ça était bien trop beau pour être vrai. Comment avait-elle encore pu se laisser berner, après toutes ces années passées au contact des agents d’infiltration. Il se serait présenté à elle sous sa forme elfique, à Dalaran, nul doute qu’elle n’aurait jamais accepté le contrat proposé. Elle se serait méfiée, aurait hésité, n’aurait pas craqué pour cet homme en noir qui ressemblait tant à Michal.

Bien sûr qu’ils le savaient, tous ces agents qu’elle côtoyait depuis des mois. Elle gardait dans son cœur encore blessé le souvenir du veuf inconsolable à qui elle avait tenté de redonner le goût de vivre, sans succès. L’agent qui avait pour mission de l’inciter à reprendre la plume avait pris vaguement son apparence pour l’aborder.

Il regrettait. Oh, elle le croyait, il avait l’air sincèrement désolé de devoir lui avouer sa véritable identité. Mais en quelques minutes, son monde s’était de nouveau écroulé et tout avait disparu de leur complicité face à la réalité. Il se disait amoureux, c’était même la raison de son aveu, et de sa probable mise à pieds, mais elle ne pouvait pas l’entendre. Elle s’en trouvait désolée, elle s’en voulait, elle aurait aimé pouvoir l’écouter sans répugnance, sans ce sentiment d’horreur qui lui tenaillait le ventre. Mais c’était un Kaldorei, il avait menti, et elle n’avait rien en commun avec lui, ou si peu.

Il était parti l’annoncer à ses supérieurs, s’attendant à être probablement démis de ses fonctions d’agent du SI :7, et elle l’avait laissé partir sans un geste, à peine un regard. Comme si, déjà dans son cœur, la blessure avait repris le dessus et l’avait emportée des mois, des années en arrière.

Passées les heures d’abattement qui l’avaient laissée amorphe dans une tente du campement, elle avait décidé d’aller seule aux renseignements, prenant sciemment le risque de ne pas revenir. Jamais. Qui s’en soucierait, de toute façon. Ed (aucune envie de l’appeler autrement) avait finalement été mis à pied pour une semaine et comptait repartir sur Teldrassil. Elle ne devait plus, ne voulait plus compter sur lui, et savait pertinemment qu’un autre agent lui serait affecté si elle refusait le retour d’Ed à ses côtés. Sa motivation de continuer le journal faiblissait d’heure en heure. Autant se bouger les fesses tant qu’il en était encore temps. L’envie de tout plaquer viendrait bien assez tôt.


Elle s’était approchée le plus près possible de la Porte, en grimpant sur les collines alentour, lunette télescopique en poche. Elle voulait se faire sa propre opinion concernant les arrivées d’orcs qui, disait-on, avaient cessé. Il lui fallait donc rester à observer la Porte de loin, un certain temps et sans se faire repérer. L’idée même de devoir rester longtemps tapie sans bouger derrière un rocher lui convenait parfaitement. Rien de tel que l’inactivité avec les sens en éveil pour cesser de ressasser ce qu’elle savait déjà être une épreuve difficile à surmonter. On ne se remet jamais facilement d’une trahison.

En se rapprochant de la Porte, elle était tombée sur des corps étrangement démembrés. Des patrouilles de deux ou trois orcs qui semblaient avoir été attaqués par une ou plusieurs bêtes, loup, gros félin, ours, comme une meute sauvage et protéiforme si on en croyait les traces de pattes.

Curieusement les corps, ou plutôt ce qu’il en restait, étaient aussi transpercés de flèches, il y aurait donc eu un chasseur avec la meute. Heythe s’arrêta un moment pour étudier les traces et prendre une gnomo, prenant garde de ne pas se retrouvez nez à nez avec une autre patrouille, ou pire encore peut-être, cette meute qui semblait suffisamment « domestiquée » pour attaquer des orcs en armures de combat et les tuer presque proprement.

Heythe n’était pas experte en chasse ou en éthologie, mais tous ces corps démembrés et traînés dans la terre ocre, ne donnaient pas l’air d’avoir servis de nourriture, ni même de jouets dans un jeu de chasse sophistiqué. Les orcs avaient été déchiquetés pour souffrir et mourir, c’était une évidence. Et elle se demanda quel type d’être pouvait avoir ce genre de loisir. Un chasseur orc de la Horde, peut-être. Ou un changeforme sanguinaire.







Elle était concentrée, accroupie à étudier les traces autour d’une tête d’orc esseulée, lorsqu’une morsure violente au bras gauche la fit tomber à la renverse en hurlant de douleur. Un loup de monte venait de lui sauter dessus, probablement l’une des montures des orcs qui avait échappé au carnage.

En un instant l’épée fut sortie du fourreau et plantée dans la gorge de l’animal qui, heureusement, était déjà blessé et affaibli par la perte de son sang. Il lui fallut plusieurs minutes pour se ressaisir et comprendre qu’elle devait dévaler la colline et rentrer au camp avant de s’évanouir sur place. Elle pissait le sang.

Ce n’est qu’arrivée, sans même savoir comment, au campement, qu’elle comprit à quel point elle venait d’échapper au pire. Son avant bras ne tenait au reste du corps que par miracle et surtout, grâce à l’armure en plaques qui le recouvrait jusqu'au coude. Le loup avait attrapé le bras entre les manches et le gantelet, un comble.

A peine allongée sur une civière, le bras dénudé, elle perdit connaissance et ne se réveilla que le lendemain, sous les yeux d’un infirmier souriant qui lui expliqua qu’elle allait être rapatriée sur Hurlevent dès qu’un bateau pourrait quitter la plage et la ramener au port de Brasse Tourbe où on pourrait alors la transférer par les airs.

Ne pouvant pas rester sur place, elle accepta de rentrer sur Brasse Tourbe mais se débrouilla pour trouver un logement temporaire sur un des navires à quai. Sa blessure ne devait pas être prise à la légère, c’était un fait, mais il était hors de question de rentrer sur Hurlevent.

Un reporter de guerre ne se laissait pas arrêter par ce genre de « détails ». Et puis, qu’irait-elle faire là bas, maintenant qu’elle se savait seule.
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Re: La vie d'une rédaction au jour le jour.

Message  La Rédaction le Mar 21 Oct - 8:39

Désolation







Perchés tout en haut des collines, au Nord Est des Terres Foudroyées, les rédacteurs d’Azeroth Magazine contemplaient le désastre. Devant leurs yeux consternés, Rempart de Néant gisait, fumante et en miettes. Des cadavres de gardes jonchaient le sol et leurs tabards faisaient de curieuses petites taches roses dans ces décombres gris et noirs teintés de l’ocre de la terre. Des grunds Marchefer allaient et venaient comme s’ils étaient chez eux, et pour cause, le fort leur appartenait désormais bel et bien.

Du sol remontaient les cris de douleur des gardes roués de coups ou tués par des bourreaux Marchefer et le cœur de Heythe se soulevait de spasmes d’horreur, de tristesse, et tout autant de colère. Car depuis qu’ils avaient suivi les hommes d’armes de Surwich, Ed et Heythe avaient eu leur comptant de cris, de morts, de démolitions et d’escarmouches.

Dès leur arrivée aux abords de la plage sous le Fort, Ed avait immédiatement dû se rendre auprès d’un responsable du SI :7 déjà fort occupé. Il s’inquiétait de l’infiltration d’éclaireuses Marchenfer tout près de leur campement et réclamait du soutien logistique et humain pour faire face à cette Horde en folie qui venait de se déverser par la Porte.








Même s’il semblait que le flux avait cessé, la Porte était désormais bien gardée par les Grunds Marchefer et tout passage vers Outreterre était devenu impossible. Ils étaient armés d’engins de démolition et de canons qui trahissaient une préparation longue et réfléchie et la Horde dite de Fer venait probablement d’entamer ce qui ressemblait fort à une vaste stratégie de domination mondiale.

Il avait donc fallu aider, comme on pouvait, et se mettre rapidement au service de l’Armée, puisqu’il était désormais certain que tous ceux qui seraient en mesure de participer, que ce soit au front ou à l’arrière, en armes ou en soutien, pour la défense ou le renseignement, tous les citoyens valides devaient se mobiliser pour répondre à l’appel du Roi Varian.

Nul besoin de réfléchir longtemps. D’autant qu’en prenant la direction de la rédaction de ce nouveau magazine, Heythe savait pertinemment qu’elle allait devoir partager ses informations avec Ed et ses supérieurs. Si elle s’inquiétait de l’utilité de sa mission quelques jours auparavant, la vision d’horreur qui défilait sous ses yeux lui donnait tout son sens. Nul besoin de réfléchir longtemps, en effet. Elle devait s’atteler à ce qu’elle savait le mieux faire, informer ceux qui étaient restés à l’arrière de ce qu’il se passait sur ce nouveau front de guerre.

Une fois redescendus au camp sur la plage, elle s’isola pour écrire à son oncle Nealson afin de lui demander de préparer les presses et de prévoir l’impression d’un numéro spécial le plus rapidement possible.
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Message  La Rédaction le Mar 21 Oct - 8:37

inalement, bien peu de monde restait encore en poste au Fort et la visite à Rempart du Néant fut relativement brève, d’autant qu’Ed s’en était attristé, ce qui interpellait Heythe. Il disait regretter de ne pas l’avoir connue mieux que de loin, toutes ces années précédentes, et elle avait finalement pris peu de goût à lui montrer les endroits où elle gambadait enfant. Le grenier des appartements de son père, archiviste et historien du fort, les remparts où elle observait les étoiles, les communs du mess où elle jouait avec d’autres enfants. Toutes ces traces du passé n’avaient plus la saveur d’antan .

Après avoir répondu au courrier de Dame Densilla, des Editions du Nénuphar, et promis d’écrire quelques lignes sur sa maison d’édition, avoir imprimé quelques gnomos du port des Gobelins pour un article à écrire, et pris des nouvelles de sa nourrice Berthille, ils se dirigèrent pour aller passer la nuit à Surwich.

Au moment du départ ils croisèrent la route d’une escouade de mercenaires de Rétribution qui revenaient de la mine sous les ordres du Capitaine Aldwyn après avoir pourchassé un clan orc rebelle pour le compte d’un noble des Carmines. Heythe ne put s’empêcher d’essayer de grapiller quelques informations sur le genre de noble qui passait de tels contrats et sur le genre d’hommes et de femmes qui les remplissait.







Mais le Capitaine Aldwyn, bien que courtois et affable, lui expliqua qu’il était temps pour ses hommes d’aller prendre un peu de repos à l’auberge du Fort, la journée passée ayant été fort longue. Elle lui fit néanmoins promettre d’accepter une petite interview un jour prochain afin qu’il puisse expliquer son travail de mercenaire et lui faire part des valeurs nobles « et pas seulement monnayables » qui les motivaient, lui et ses hommes.




**********






Le petit village de Surwich semblait en émoi militaire. Une elfe, postée sur le ponton, les avait mis en garde sur les risques démoniaques dans la forêt du Nord et leur avait fortement conseillé de ne pas s’éloigner en bécane du village. Le Commandant, Thémis Mortine , si c’était bien le nom qu’Heythe avait entendu, souhaitait qu’ils rentrent en griffon sur Hurlevent mais Ed ne voulait pas laisser sa bécane au village. Elle leur conseilla donc de rentrer par la côte en évitant les nagas, ou d’attendre quelques jours que les risques soient passés.

Ed avait retrouvé le sourire et taquinait Heythe sur la rencontre avec sa nourrice, affirmant qu’il allait lui demander tous les détails les plus croustillants sur ses bêtises d’enfant. Ils prirent une petite chambre à l’auberge et s’arrangèrent comme ils purent de la promiscuité de la pièce.

C’est dans la nuit qu’une formidable explosion les réveilla tous deux, et les laissa un peu éberlués par la force du bruit et de la lueur orangée qui irradiait dans le ciel à travers la lucarne.






Les bruits dans le village s’intensifièrent, des cris, des hurlements d’ordres, des hennissements de chevaux, toutes sortes de signes trahissant des mouvements d’hommes et d’armes, en quelques instants tous les clients de l’auberge furent en dehors des chambres, qui en chemise, qui en caleçon, pour venir aux nouvelles.

En pleine nuit, l’auberge fut tout à coup aussi bondée qu’un jour de marché aux heures du déjeuner, les hommes du Commandant Mortine avaient pris les choses en mains, et les villageois donnaient l’air de vouloir soit fuir au Sud, soit suivre les hommes en armes.

Au Nord un bruit assourdissant emplissait l’air, le soleil semblait se lever du mauvais côté, le sol vibrait comme si un nouveau cataclysme couvait sous leurs pieds, et les animaux montraient des signes évidents de terreur. Ed et Heythe entreprirent de suivre le mouvement afin de comprendre de quoi il retournait.
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Message  La Rédaction le Mar 21 Oct - 8:35

Le voyage vers le Guet d’Estran n’avait pas été trop compliqué. N’ayant pas trouvé le pisteur sur Sombre Comté, Heythe et Ed étaient paris seuls et étaient arrivés sans encombre au fort où les attendaient le Commandant de la Garde, Joanna CoeurBleu.

Pendant que Heythe s’entretenait avec la Commandant, Ed avait fait le tour du fort et avait serré pas mal de mains, preuve qu’il avait préparé à sa façon leur venue. Heythe se doutait que, sans le lui dire, elle allait être plus ou moins protégée, de loin.

Ed devant toujours être présent à ses côtés le temps de leur visite sur le Guet, elle avait du mal à saisir le sens de la présence d’un autre agent non loin. Mais elle préférait ne plus se questionner là dessus. Après tout, savoir qu’elle était en protection plus ou moins rapprochée n’était pas pour lui déplaire, cela lui permettait de se concentrer sur le travail sans craindre le genre de désagréments dont lui avait parlé Rislon.






Le Commandant Coeurbleu lui avait fait part des échauffourées des derniers jours, lui expliquant qu’elle et ses hommes avaient senti comme une sorte d’excitation nouvelle des Orcs de Pierrêche, mais sans non plus s’en inquiéter outre mesure. Depuis le temps qu’elle gérait le Guet, elle en avait vu d’autres et semblait sereine quand à la victoire tant espérée. C’était désormais « une affaire de quelques jours, voire quelques semaines ».

Aussi, une fois l’entretien terminé, Heythe avait-elle décidé de rester un jour ou deux dans la région pour voir ce qui se tramait au port des gobelins, au Nord du Guet, et d’aller aussi faire un tour au sud pour visiter l’installation du camp de murlocs, propriété d’Amélie de Bayle qui, selon ses dires, avait organisé un élevage de murlocs améliorés.

Enfin, puisqu’elle avait fait le voyage jusque là, autant en profiter pour renouer avec le passé et rendre visite aux amis restés à Rempart du Néant. Lylyana Milford, qui de Sergent-Chef de la garde du Fort avait dû passer Lieutenant, Tom, l’apprenti forgeron probablement Maître Forgeron aujourd’hui, Eloise, Lucie, Boris et quelques autres, s’ils étaient encore là et bien sur Berthille qui, aux dernières nouvelles, finissait tranquillement ses jours à Surwich.

Ed avait donné son accord pour l’accompagner, la promenade n’en serait que plus agréable.
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Message  La Rédaction le Mar 21 Oct - 8:33

Depuis qu’elle avait accepté de reprendre le chemin du journalisme, Heythe avait eu beaucoup à faire et n’avait pas vraiment eu le temps de se questionner sur le bien fondé de cette reprise.

Bien sûr qu’elle aimait passionnément ce travail d’enquêtes, de reportages et d’écriture. Cela lui procurait cette adrénaline dont elle avait toujours besoin et qu’elle devait canaliser à l’aide de multiples projets menés tous de front en même temps. Cela donnait aussi un sens aux rencontres qu’elle faisait dans ce monde, et elle savait trop combien elle pouvait s’ennuyer rapidement des conversations sans but ni raison autre que de « passer le temps ». Et puis cela lui permettait aussi de se rendre utile, ce qui la caractérisait presque tout autant que le reste, même si son idéalisme et sa vision un peu naïve du monde l’a mettaient souvent en porte à faux avec tous ceux qui n’avaient, eux, de cesse de vouloir voir le mal partout et de s’en délecter.

Bien sûr que le monde était en guerre, et ce depuis tellement d’années qu’il fallait être bien stupide pour ne pas voir combien la vie était rude et âpre, même en ville. Mais Heythe ne savait que voir le bon côté des choses et des gens, même chez les plus sombres d’entre eux. Et cela ne la rendait pas plus stupide pour autant, juste un peu décalée, ou facilement désarçonnée par la méchanceté ou la bêtise de certains.

Aussi, lorsqu’elle avait été contactée pour travailler « en partenariat » par l’homme en noir, avait-elle accepté rapidement, sans trop se questionner sur les implications de leur présence dans le cadre de ce travail qu’elle connaissait si bien qu’elle en oubliait parfois les risques et lourdeurs. Elle s’ennuyait, c’était un fait indéniable, et l’offre de l’homme en noir était venue à point nommé. Enfin un peu de sens donné à cette vie trop lisse.

Mais cette fois, les risques étaient bien plus grands, ne serait-ce parce qu’elle avait accepté de collaborer. Et même si elle n’en disait rien à personne, même aux amis retrouvés au hasard des rues de Hurlevent, le fait d’être sous protection rapprochée, voire même surveillance permanente, sans que cela soit nécessairement su ou vu, la mettait parfois mal à l’aise.

Bien sûr, elle avait commencé à remarquer les ombres qui la suivaient de plus en plus souvent lorsqu’elle sortait des locaux du magazine et elle les trouvait pesantes sinon inquiétantes.

Bien sûr, elle savait que sa liberté d’agir n’était que relative et qu’on ne pouvait espérer une protection sûre sans accepter les contraintes de cette protection.

Bien sûr, elle avait connu pire comme relation professionnelle et la présence de l’homme en noir auprès d’elle était bien plus agréable qu’elle ne l’aurait cru, même si elle se demandait encore dans quelle mesure il était sincère avec elle.

Bien sûr, savoir qu’elle pourrait désormais être au cœur de l’action sans avoir de difficultés à s’infiltrer partout, et ce en toute légitimité, la rendait fébrile et même enthousiaste.

Bien sûr, elle retrouvait jour après jour le goût de vivre et avancer qui l’avait quitté lorsque Michal Loumis s’était donné la mort, trop malheureux pour survivre à sa femme.

Bien sûr, vivre sa passion du journalisme au grand jour valait mieux que de continuer à renseigner le Roi clandestinement, dans le secret des couloirs et des rapports hermétiques confiés aux agents du SI :7.

Mais… tout cela mettait en émoi la jeune Heythe et ses valeurs toutes empreintes de loyauté.

Etait-elle bien encore fidèle à elle-même et à ses idées ? Archibald, son père adoré, aurait-il approuvé son nouvel engagement ? Etait-ce « mal » de faire passer ses motivations personnelles au travers d’une mission qui la dépassait ? Ecrire des articles sous contrôle les rendaient-ils pour autant mensongers ? La paix justifiait-elle tous les moyens, y compris le secret ou l’illusion ? Etait-elle vraiment certaine d’agir pour le bien du Royaume ?

Toutes ces questions tenaillaient Heythe tandis qu’elle préparait son sac pour sa toute première mission de reporter d’Azeroth Magazine.

Bientôt, ils partiraient vers le Guet d’Estran, accompagné par un pisteur chevronné qui disait pouvoir les emmener jusque là sans trop de risques. Il aurait été plus simple de solliciter une aide officielle mais néanmoins officieuse et expérimentée, mais Ordre lui avait été donné d’agir le plus naturellement possible, comme elle l’aurait fait des années auparavant, c’est à dire avec les petits moyens à sa disposition et des mercenaires en mal d’aventures.

Aussi avait-elle accepté l’offre du Worgen, il semblait tout à fait capable de les amener à bon port et ce sans trop poser de questions.

Des rumeurs circulaient sur les combats entre la Horde et les bataillons de l’Armée du Roi au Guet de l’Estran. Les loyalistes de Hurlenfer semblaient de plus en plus hargneux et violents, au sein même de leurs rangs, et l’Etat Major Royal s’en inquiétait. Elle devait rencontrer quelques membres de l’Armée de campagne qui défendait la place, et en particulier Joanna Coeurbleu, le Commandant de la Garde de l’Estran, qui avait été prévenue officiellement de leur venue, et pour cause.

Départ dimanche en mâtinée. Heythe se connaissait trop bien pour ne pas voir combien elle en retirait joie et satisfaction. Elle aimait son travail, et peu importait au final qu’il y ait quelques ordres à suivre ou quelques renseignements à donner en retour. Même si plier devant une hiérarchie n’était pas son fort, la liberté de travail lui était laissée. Elle n’allait pas se plaindre….
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Message  La Rédaction le Mar 21 Oct - 8:32

Dans les locaux refaits à neuf d’Azeroth Magazine, des bruits d’armes et d’espauliers déplacés difficilement à l’étage, puis une dégringolade de ferraille dans les escaliers, assortie d’une bordée de jurons proférés par une voix féminine plutôt jeune.

Dans l’allée des Hospitaliers, la ruelle qui mène aux locaux, un homme adossé au coin dans l’ombre du grand arbre, esquisse un sourire amusé en tirant  rapidement sur sa cigarette. Un regard à gauche vers le local, un autre à droite vers l’entrée de la ruelle, tout est calme, il s’ennuie. Il irait bien l’aider, la petite Coralie.







La jeune servante embauchée par Heythe sort enfin du local et lui fait un signe de tête en quittant l’allée. Ces deux là se connaissent et se reverront probablement plus tard, dans une auberge de la ville. Mais pour l’heure ils n’ont rien à se dire, le silence est d’or comme dit le Chef. Coralie esquisse un léger sourire de connivence et disparaît au coin de la ruelle.

Timmy aimerait  en griller une autre, mais il se remémore les conseils du Sergent sur le service de protection. Visible mais discret. Une présence transparente. Il soupire tout en remettant la sèche dans le paquet. Il aurait préféré être en planque auprès des petites frappes des faubourgs. Là bas, pas besoin de jouer les bourgeois, il peut rester lui même et se fondre dans la masse.

Il rumine un moment et commence même à somnoler lorsqu’une  femme arrive depuis la rue, cheveux courts, bruns, démarche altière et allure élégante. Il la connaît, la comtesse de Bayle est probablement venue voir son amie. Il  se tapit un peu dans l’ombre de l’arbre, à peine. Pas la peine de se faire remarquer de quelque façon, ni en se cachant, ni en se montrant.

Des éclats de voix, il sursaute, la journaliste est sur le pas de la porte, il ne l’avait pas entendue sortir. Elle remarque et interpelle son amie, apparemment c’est une visite impromptue. Les deux femmes rentrent dans le local en papotant gaiement. Il soupire à nouveau, mais de satisfaction.

Il va pouvoir se la griller, finalement, cette petite sèche de tabac brun.
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